Quelle est donc cette réalité ?

La complexité du problème de la prédation sur les troupeaux domestiques, les idées reçues, les contres vérités répandues par des « experts » en la matière pour servir une idéologie de l’ensauvagement des territoires nous obligent à parler de « réalité ».
Une réalité qui est le fruit de notre expérience à nous éleveurs et bergers confrontés dans notre chair à la prédation, à nous acteurs ruraux, juristes ou usagers de la nature sensibles à l’impasse dans laquelle nous conduit cette politique de surprotection des loups. Politique portée par le Ministère de la transition écologique dont un haut responsable, François Lamarque, représentant la France au comité permanent de la Convention de Berne, que nous interrogions par téléphone le 16 novembre 2018, sur la position de la France relative à la demande de déclassement du loup faite par la Suisse, nous répondait : «L’Europe n’y est pas favorable, et moi non plus »  et d’ajouter  « Vous avez vos moutons, on a nos loups » !

Loups et les éleveurs, la montagne en sursis

Msa Alpes du Nord

Origine des loups

 

La version officielle veut que les loups soient arrivés naturellement d’Italie de la région des Abruzzes à partir de 1992, mais une autre version est possible.

Grâce aux analyses génétiques effectuées indépendamment des organes officiels, nous avons pu mettre en avant que tous les loups sur le territoire français ne venaient pas exclusivement d’Italie.

C’est en voulant faire reconnaître la vérité sur les auteurs des actes de prédation sur les troupeaux, que des associations d’éleveurs ont pris en charge l’analyse génétique d’échantillons prélevés sur les lieux d’attaques. Que ce soit des poils, des crottes ou des prélèvements salivaires sur les victimes. Ce dernier étant refusé  par l’OFB qui cherche de façon récurrente à minimiser les dégâts des loups, en minimisant leur présence, leur nombre, leur action prédatrice. Alors que cette méthode est utilisée dans d’autres pays (Belgique, Luxembourg, Allemagne).

L’objectif principal des éleveurs était au départ de mettre en évidence que la responsabilité des chiens n’était pas engagée dans la majorité des attaques desquelles des signes ne laissaient que peu de doutes sur le responsable, contrairement à ce que voulait faire croire l’administration au travers des DDT et de l’OFB (anciennement Oncfs).

D’une réponse que nous cherchions nous en avons obtenus 4  qui remettent donc en cause l’unique thèse officielle du retour d’Italie.

Nous avons pu mettre en évidence grâce aux deux laboratoires avec lesquels nous travaillons, que dans la grande majorité des cas :

– nous avons bien à faire à des attaques de loups là où l’administration essaie de répandre la fable des chiens errants,

– nous avons des origines différentes de celles annoncées officiellement en trouvant des loups d’origine des pays de l’Est,

–  nous dénombrons plus de loups que l’OFB sur un secteur défini,

–  et surtout nous avons mis en évidence une hybridation généralisée des individus (c’est à dire un croisement des loups avec des chiens) alors que l’OFB niait jusqu’en 2016 la présence d’hybrides.

 

La thèse officielle de l’unique retour de loups d’Italie et non hybridés vole ainsi en éclat.

Après 25 ans d’analyses il a fallu que ce soit notre collectif (bénévole) qui oblige enfin l’OFB à reconnaître :

  1. la présence de loups de pays de l’Est, c’est à dire de loups qui ne sont pas dans leur aire de répartition naturelle, et qui viennent contredire le discours officiel de l’unique retour des loups d’Italie. La présence de ces loups soulève des questions aussi sur un retour soit disant naturel !?  → Communiqué OFB sur la présence de loup Balte.
  2. Mais aussi qu’ils admettent que leur méthode de comptage comporte des lacunes.
  3. Et enfin qu’ils reconnaissent dans un premier temps une hybridation de première génération et de génération plus ancienne de 7,5 % en 2017, puis 11,1 % en 2018, après avoir dit jusqu’en 2016 qu’il n’y avait pas d’hybridation en France. Alors que tout le monde sait que le taux d’hybridation en Italie est élevé (entre 10 et 40 %) et que si des loups viennent d’Italie il y a forcément de l’hybridation. Un premier mensonge était mis en évidence.

Pour mieux comprendre le difficile problème de l’hybridation → « La génétique des loups et l’hybridation »

L’origine des loups n’est donc pas si évidente !

S’il est fort probable que des loups soient arrivés d’Italie, beaucoup de questions sans réponse laissent entrevoir des suspicions sur un retour 100 % naturel !

Notre regard se tourne principalement vers les parcs à loups ; véritable réservoir où le problème principal est la gestion de la reproduction, puis des gestionnaires qui véhiculent des discours à peine cachés sur leur volonté de remettre des loups dans la nature, et enfin des exemples d’ « accidents » où des loups se retrouvent effectivement en liberté. A cela il faut rajouter des aveux de lâchers de loups de certaines personnes, des apparitions spontanés de loup sur des secteurs inattendus, des loups des pays de l’Est qui traversent toute la France sans se faire remarquer ! Et plein d’autres faits douteux que l’on peut retrouver dans le documentaire de Bruno Lecomte « réintroduction ou retour naturel ? » ou encore dans l’émission de Jacques Monin sur France Inter en 2016 « Un loup sous (trop) haute protection ? ».

Combien de loups ?

 

L’Ofb annonce un chiffre de population à la sortie de chaque hiver.

Pour 2020 ce chiffre est de 580 loups, il est de 624 pour 2021.

Ce chiffre est important car il permet de décliner la politique autour du loup, puisqu’il est reconnu officiellement que la viabilité (capacité d’une population à ne pas s’éteindre) est atteinte à partir de 500 loups, ce qui n’est pas exact comme nous l’expliquons → Les chiffres de la viabilité démographique et génétique

De plus ce chiffre permet de définir le quota de loups qu’il est autorisé d’éliminer pour diminuer la prédation sur les troupeaux → Quota

Mais qu’en est-il vraiment de ces 624 loups ?

La réalité est que ce chiffre est sous-estimé et tout le monde est unanime sur les limites de la méthode de comptage,

ce que le préfet référent loup lui-même confirme, estimant que → « La méthode de comptage des loups est dépassée » .

De nombreuses raisons expliquent cela :

  • Le comptage se fait en grande partie grâce aux empreintes dans la neige, mais aujourd’hui le territoire des loups couvre des départements où la neige est absente et moins fréquente qu’auparavant pour d’autres.
  • « On ne peut donner qu’un nombre minimum d’animaux détectés car on suit les empreintes et ils marchent parfois dans les mêmes traces » Eric Marboutin – juillet 2013 responsable Oncf → Autre déclaration de Mr Marboutin en 2comptage des loups en france005 dans le journal libération.
  • En 2013 une association de défense du loup demandait à ses sympathisants « correspondants loups », formés pour faire remonter les indices de présence des loups, de ne plus les transmettre suite à la mise en place du quota d’abattage et même de les détruire. L’objectif étant de minimiser le nombre de loups pour diminuer ce quota basé sur le nombre de loups recensés.  Voir capture d’écran ci-contre.
  • Deux méthodes de comptage peu fiables : à partir de l’Emr, du Cmr, et de l’indice pseudo Cmr qui en découle.

La méthode Emr (Effectif minimum retenu) est basée sur les indices, mais nous avons vu que l’information sur les indices n’était pas fiable vu l’appel à destruction et à ne pas faire remonter l’information.

La méthode de type Cmr, Capture marquage recapture, qui est utilisée pour d’autres espèces, est peu fiable dans le cas des loups car ce n’est pas l’individu qui est capturé mais des excréments. Et nous savons que les excréments sont un des supports les plus difficiles à analyser génétiquement pour retrouver de l’Adn et que le taux d’échec est donc très élevé, 1/4 des échantillons n’est pas utilisable. De plus les délais pour l’analyse de la méthode Cmr sont de deux ans.

Pour pallier ce délai a été mis en place un indice pseudo Cmr qui combine les deux méthodes Emr et Cmr. Deux méthodes un peu hasardeuses même combinées ne peuvent pas donner un indice fiable !!

De nombreux exemples le confirment :

  • Les analyses génétiques que nous avons pratiquées sur les animaux attaqués ont révélé des individus différents suivant les attaques, prouvant ainsi la présence de plusieurs individus là où un seul est officiellement répertorié. Ceci indique un comptage lacunaire de l’Ofb.
  • Les observations sur le terrain par les éleveurs et chasseurs dénombrent plus de loups que les chiffres de l’Oncfs. Voir le travail de la Fédération des Chasseurs de la Drôme en partenariat avec l’université de Montpellier, qui compte entre 70 et 90 loups là où l’Oncfs en compte 38. Et des meutes dont le nombre d’individus est supérieur à celui annoncé, une meute de 13 loups photographiée dans la Drôme.
  • Une sous-évaluation du nombre de meutes mise en évidence aussi par le Cerpam (Centre d’Étude et de Réalisations Pastorales Alpes Méditerranée ) dans son étude « quand les loups franchissent la lisière » sur la commune de Seyne les Alpes → Extrait vidéo.

Et de nombreuses personnes l’affirment :

Mais combien de loups alors ? et quelle croissance ?

Il est impossible d’avancer un chiffre exact, mais en se basant sur les nombreuses constations de la minimisation du nombre de loups, dont l’étude de JJ Droesbeke, G.Saporta et Christine Thomas-Agnan qui conclut à une sous-estimation d’un minimum de 40%, nous pouvons parler d’un nombre minimum qui dépasserait les 812 loups en sortie d’hiver 2020.

Et sachant que la population de loups va doubler après les naissances (Interview Poyet responsable Oncfs), au mois d’août le pic est alors d’un minimum de 1624 loups, puis suite à la mortalité naturelle, accidentelle et au quota de prélèvement, ce nombre va redescendre.

La croissance annuelle des loups en moyenne jusqu’en 2019 se situe autour de 20 % (entre 16 et 25 % suivant les années).

De 2019 à 2020, malgré la hausse du quota de loups tués, la population lupine a continué de croître de 10 % passant de 530 à 580 individus selon l’OFB.

Nous constatons alors que la population de loups qui augmente après la mortalité naturelle et anthropique, n’est absolument pas fragilisée contrairement à l’alarmisme qui veut faire croire que les loups sont en danger et qu’il faut maintenir la surprotection de ce prédateur, pour le simple fait que leur croissance serait moindre

Les victimes des loups sont nombreuses :

La faune sauvage – Les animaux domestiques – Les humains de manières directes et indirectes

Le rapport d’une étude faite sur 9 meutes (Bulletin loup n 27 -2012) permet à l’Oncfs de conclure que la consommation moyenne des loups est de 76% d’animaux sauvages, 16% d’animaux domestiques, et 8% divers. Sauf que 8 meutes étudiées sont dans des secteurs où les troupeaux sont transhumants, donc présents pendant une courte période de l’année. Pour la seule meute présente sur un territoire où les ovins sont présents toute l’année le % de consommation d’animaux domestiques monte à 50% !

Un loup a besoin de consommer par jour 17 % de son poids en viande, soit 4 à 5 kg.

La faune sauvage :

Mouflons

Chamois, Mouflon, Cerf, Chevreuil, Sanglier, bouquetin…l’espèce majoritaire pour le loup sera l’espèce la plus abondante sur son territoire, la plus facile et la moins dangereuse !

Il peut aussi consommer des lapins, des lièvres et des rongeurs.

Dans d’autres pays les loups s’attaquent aussi au bison, à l’orignal, au wapiti.

Les animaux domestiques :

Aucune espèce n’est à l’abri des loups, surtout une fois que ces derniers sont constitués en meute. Les bilans des dernières années avoisinent les 18 000 bêtes, que ce soit des brebis, des chèvres, des chevaux, des veaux ou vaches, des cochons, lamas, ânes, alpagas, chiens, etc…etc…

Les données officielles parlent de plus ou moins 12 000 animaux mais cela est sans compter que pour 2 bêtes tuées une troisième n’est pas retrouvée et/ou pas reconnue, chiffre donné par le Cerpam. Sur les nouveaux territoires colonisés, seule la photo d’un loup contraint l’OFB à reconnaître l’évidence là où ailleurs elle fera tout pour faire porter la responsabilité à des chiens.

Des images de ces animaux prédatés sont visibles → Images de prédation

Et les bilans annuels officiels issus de la Dreal Auvergne → Bilan des dommages toutes espèces confondues

Les humains : La présence des loups a un impact sur les activités humaines non seulement sur l’élevage comme nous venons de le voir ci-dessus, mais sur toutes les activités de pleine nature.

  • De manière indirecte ; l’obligation pour les éleveurs de détenir des chiens de protection expose tous les usagers de la nature (ramasseurs de champignons, vététistes, cavaliers, randonneurs, chasseurs…) à des risques d’accidents. Ces chiens ne sont pas classés dans la catégorie d’animaux dangereux, mais dans leur rôle de protecteur des troupeaux, ils peuvent l’être pour tout intrus, donc également pour un humain.
  • De manière directe ; si ce n’est pas une menace très élevée pour le moment, elle est quand même présente. Le choix politique du développement du nombre de loups sur l’ensemble du territoire, voit le risque d’attaques sur les hommes redevenir possible. L’histoire est riche de ces faits que la société d’aujourd’hui essaie de cacher. Les travaux du professeur d’histoire Jean-Marc Moriceau sont là pour nous le rappeler → Extrait vidéo. Il ne s’agit pas d’affoler mais de rappeler des faits qui sont bien réels, n’oublions pas qu’il s’agit d’un prédateur plus fort que l’homme si ce dernier n’est pas armé.

 Où ont lieu les attaques ?

La Dreal Auvergne publie une carte avec la concentration des attaques par département. Actuellement (2021), sont reconnus officiellement 40 départements impactés.

Nous savons que le loup est présent soit de manière durable soit de passage sur d’autres départements.

La « carte prédation » en lien sur notre site regroupe elle toutes les informations des attaques ou des indices sur tous le territoire national et aussi sur les pays européens.

Il existe une carte « Maploup » qui recense tous les lieux d’attaques de loup. Mais celle-ci ne concerne que le territoires Auvergne Rhône Alpes.

Réparties sur plusieurs départements, il est important de rappeler aussi plus précisément les lieux des attaques :

Elles ont lieu principalement là où se trouvent les troupeaux, qu’ils soient en montagne ou redescendu en plaine, qu’ils soient proches des habitations ou proches des  bâtiments agricole, voir même parfois dans les bâtiments (stabulation). Elles ont lieu à peu près partout ! Dans des cours de ferme, au cœur de village et même chez des particuliers où rien n’arrête les loups pour venir tuer un chien, comme ici à Saoû en Isère.

 

 Concentration des attaques en 2019 source officielle Dreal Auvergne.

Pour affirmer que la cohabitation entre un prédateur et les activités d’élevage est possible cela passe par l’idée que les éleveurs doivent mettre en place des moyens de protection.

Les éleveurs étant à la recherche de zéro prédation mais pas du zéro loup, ce qui est bien différent, ont dans les Alpes mis en place les différents moyens de protection proposés et financés en partie par l’État.

Mais rapidement, avec l’augmentation des loups et leur aptitude à déjouer les moyens de protection, s’est mis en place un phénomène d’escalade dans la protection des troupeaux : des aides bergers, des filets pour la nuit, la multiplication des chiens de protection, les clôtures électriques et tout un tas d’artifices pour faire peur aux loups.

Mais pour quel résultat ?

En 2018, 92 % des troupeaux attaqués dans les Alpes sont des troupeaux ayant mis en place deux moyens de protection.

Cette donnée officielle est la preuve de l’échec des mesures de protection. En sachant que ces mesures, si elles sont applicables aux ovins et caprins, ne le sont pas pour les bovins et autres espèces.

Même en présence de bergers il arrive que les loups attaquent les troupeaux.

Les graphiques ci dessous, présentés par le Cerpam, montrent bien qu’à partir de 2015 les attaques se passent de jour comme de nuit, et que 92 % des troupeaux attaqués sont des troupeaux protégés.

Ces mesures vont donc limiter les dégâts mais jamais elles n’arriveront à rendre la sérénité nécessaire aux éleveurs et bergers pour assurer un avenir à l’élevage de plein air, ni aux usagers de la nature qui vont devoir apprendre à cohabiter avec les chiens de protection, ou délaisser certains secteurs où les chiens sont trop nombreux du fait de meutes de loups.

C’est donc bien parce que cela ne fonctionne pas que le monde de l’élevage demande une remise à plat de cette politique, en demandant notamment la levée de la surprotection dont bénéficient les loups.

Pour bien comprendre la faillite des moyens de protection face aux loups

Extrait de la conférence de Laurent Garde à Bulle en Suisse en avril 2017

Film réalisé par Bruno Lecomte

La limite des chiens de protection

Avec l’aide berger, le chien de protection, qui est à distinguer du chien de conduite, est un des moyens de limiter les dégâts sur les troupeaux. Il vit dans le troupeau et son rôle est d’interdire l’entrée dans l’espace du troupeau à tout individu étranger.

Il y a autour de 5000 chiens de protection en France actuellement contre seulement 350 en l’an 2000.

Il existe 25 races de chiens de protection, les principales races utilisées en France sont le Montagne des Pyrénées, plus connu sous le nom de Patou, le berger de Marreme et Abruzzes (qui ressemble au Patou) et le Berger d’Anatolie : le Kangal.

Ces chiens sont imposés aux éleveurs dans le cadre de la conditionnalité des indemnisations en cas d’attaque de loup.

Dans le cadre du plan loup les éleveurs reçoivent une aide au financement et au nourrissage de ces chiens.

Comme toutes les mesures de protection, on assiste à une escalade du nombre de chiens par troupeau ainsi que de la puissance et l’agressivité de ces chiens envers les loups. Beaucoup d’éleveurs passent des Patous aux Kangals qui sont plus combatifs face aux loups.

Si un ou deux chiens de protection peuvent freiner l’attaque d’un loup seul, face à une meute de loups il faudra une meute de chiens… certains troupeaux de brebis comptent jusqu’à plus de 20 chiens de protection. Malgré cela il n’est pas rare que des chiens de protection se fassent tuer par les loups.

Ce sont donc des meutes de chiens que les éleveurs doivent gérer, autant pendant la période de gardiennage que pendant toute la période d’hivernage.

Problème lié au loup le chien n'est pas la solution

Témoignage de Karine et Alain : 35 chiens de protection pour 1200 brebis

Il est donc inéluctable que des conflits dans le partage du territoire entre les différents utilisateurs surviennent régulièrement, allant de la simple menace jusqu’à la morsure. Le chien jouant son rôle de protecteur du troupeau.

Ci-dessous quelques exemples relatant ces faits.

Deux situations principales peuvent conduire à cela, tout d’abord la méconnaissance des pratiques pastorales de la part de randonneurs qui conduit à vouloir passer soit trop près des troupeaux, voir au milieu, et une agressivité des chiens qui peut se révéler après une trop forte pression lupine.

Des panneaux à destination des randonneurs sont disposés sur les zones pastorales :

Nous voyons bien que les chiens de protection, bien qu’ils soient indispensables, sur certains territoires entourés de meutes, sont loin d’être une solution satisfaisante.

De plus l’élevage en plaine ou en zone de bocage se pratique en troupeaux souvent divisés en plusieurs lots, multipliant encore le besoin de chiens et rend la tâche très compliquée voire impossible. Pour les troupeaux de bovins cette protection n’est pas applicable. Enfin les dégâts sur la faune sauvage par ces chiens (marmottes, faons, etc…) sont largement reconnus.

Exemple de collier de

protection pour les chiens.

Que dit la loi ?

L’État impose aux éleveurs la protection par les chiens, c’est une conditionnalité pour obtenir une indemnisation suite à une attaque. Mais c’est le gardien du chien qui est responsable pénalement, et le propriétaire responsable civil.

Les chiens de protection ne sont pas considérés comme en état de divagation dans le cadre de leur travail et ne rentrent pas dans la catégorie chien dangereux.

Dans le cadre du plan loup, un guide à l’usage des maires sur les chiens de protection : (Rôle du maire, réglementation, exemples arrêtés…).

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Quota d’abattage

Devant l’ampleur des dégâts et la pression des éleveurs qui en découlent, l’État a mis en place un quota d’abattage de loups pour limiter les attaques.

Un arrêté est pris, par le préfet du département ou le préfet coordonnateur, c’est une dérogation à la surprotection des loups (arrêté du 23 Octobre 2020).

Le quota est basé sur l’effectif de loups en sortie d’hiver, nombre donné par l’OFB.

Suite à la somme de nos actions et aux nombreuses pressions que l’ensemble de nos associations ont portées, jusqu’au plus haut sommet de l’État, nous avons obtenu une augmentation de ce quota en 2019, passant de 12% à 19%.

Pour l’année 2020 l’effectif de loups est de 580.

Le quota est de 17% +2 % de cet effectif, soit au total 110 loups.

Les 2% sont ajoutés si les 17% sont atteints avant la fin de l’année.

La possibilité de tirer sur un loup est soumise à plusieurs conditions et de manière différente suivant les territoires. → Protocole de tir

Il faut donc une autorisation pour se défendre !!!

Malheureusement si ce quota augmenté en 2019 va permettre de limiter la croissance des loups, il ne va pas la stopper.

Après la mortalité naturelle et un quota d’abattage de 19 % sur l’effectif sortie d’hiver, nous constatons, en prenant les données officielles, une croissance moins forte… mais toujours une croissance ! Il y a donc toujours plus de loups et le nombre d’attaques continue d’augmenter.

Rappelons que lorsque l’on parle de quota de 19 % cela ne correspond pas à 19 % des effectifs de loups au pic de la population, mais bien à un % sur l’effectif en sortie d’hiver. Comme la population va doubler au cours de l’année, en atteignant son pic vers le mois d’août, nous pouvons considérer que le quota de prélèvement sur la population de loups à son pic n’est qu’autour des 10 % !

Un quota d’un côté et une surprotection de l’autre ! Nous sommes donc dans l’hypocrisie la plus totale !

Lever cette surprotection est le préalable indispensable pour pouvoir réguler une population lupine qui doit retrouver un comportement sauvage et cesser des carnages qui mettent en danger l’avenir du pastoralisme, patrimoine culinaire, paysager et culturel de notre pays.

Autorisations de tir

En pratique sur le terrain, les autorisations de tir sont données dans le cadre d’un protocole de tirs complexe et conditionné à des attaques.

Ce qui signifie que les éleveurs doivent attendre d’être victimes pour obtenir une autorisation de se défendre. C’est une chose impensable qui n’existe nulle part ailleurs et dont la légalité doit être dénoncée. Ceci vient en contradiction de l’article 122-7 du code pénal : N’est pas pénalement responsable la personne qui, face à un danger actuel ou imminent qui menace elle-même, autrui ou un bien, accomplit un acte nécessaire à la sauvegarde de la personne ou du bien, sauf s’il y a disproportion entre les moyens employés et la gravité de la menace.

La possibilité de tuer des loups dans le cadre du protocole de tir est confiée aux éleveurs qui peuvent déléguer leur autorisation à un ou des chasseurs, aux Lieutenants de Louveterie et/ou à la brigade loup de l’Ofb.

C’est une situation surréaliste qui fait d’un éleveur ou d’un berger, le seul métier en France, en dehors des métiers de la défense, pour lequel on soit autorisé, voire obligé de porter une arme pour se défendre (sous réserve d’avoir le permis de chasse). Ce qui idéologiquement n’est pas accepté de tous.

Il est aussi important de rappeler que si les éleveurs n’ont pas d’autre choix que de prendre une arme, ce n’est pas pour « chasser » des loups mais uniquement pour défendre leur troupeau des attaques, charge qui devrait incomber à l’État ; ce n’est pas le métier qu’ont choisi les éleveurs.

La discrétion et la rapidité d’intervention des loups rendent pratiquement nulle la possibilité pour un éleveur, dont ce n’est pas la fonction, de se défendre avec efficacité.

Reste alors les lieutenants de Louveterie, bénévoles nommés par la préfecture qui peuvent s’investir dans un affût à proximité du troupeau, dans l’espoir d’épargner la vie de nombreuses bêtes domestiques. Du fait du nombre trop faible de louvetiers, d’un équipement insuffisant, l’efficacité de leur mission reste relative. → la louveterie

Quant à la brigade loups, composée de 11 agents rémunérés, bien équipés et formés à cela, leur champ d’action géographique et temporel reste limité par la volonté politique de laisser les loups se développer sur tout le territoire. → la brigade

La liste des contre-vérités pour orienter l’opinion publique est longue, si longue que nous avons dédié une page spécifique à cela. → Contre vérités.

La dernière contre vérité en date que l’on peut lire dans tous les médias peu scrupuleux sur leurs sources d’informations, consiste à reprendre les propos des associations de défense des loups qui affirment que les tirs seraient contre-productifs pour limiter la prédation sur les troupeaux.

C’EST FAUX : l’analyse de plus d’une trentaine d’études faites à travers le monde ne permet pas d’avancer cette conclusion et confirme même que le tir est la seule voix pour réduire la prédation.

C’est ce que montre le document de Michel Revelin : → document complet  « La question controversée de la dynamisation de la reproduction des loups par les tirs létaux. Ses conséquences supposées sur l’accroissement de la prédation sur le bétail »

Résumé du document sur la question des tirs létaux

Les éleveurs, en plus de la prédation subissent une autre injustice, celle d’une opinion publique acquise à la cause des loups, souvent par manque d’information. C’est aussi le reflet d’une société en mal de grands espaces qui transpose son idéal dans une nature qui serait « sauvage », sorte de rédemption d’un mode de vie écologiquement insatisfaisant et très éloigné de celui des éleveurs.

Et pourtant force est de constater que toute personne qui vient au contact d’un éleveur pour s’informer en profondeur de la réalité de la présence des grands prédateurs repart toujours avec moins de certitudes et plus d’empathie pour les éleveurs.

Alors comment expliquer un tel écart de vision sur ce dossier ?

En 2003, était publié le plan d’action pour la conservation du loup en Europe, écrit par Mr Boitani. Luigi Boitani  est président de la LCIE (Large Carnivore Initiative for Europe) Son objectif est la conservation et la restauration de populations viables de grands carnivores.

Au chapitre 4 de ce plan est écrit : « Informer les médias et leur demander de faire la promotion du loup » (voir encadré ci-contre)

Cette volonté de faire accepter le loup à la société en demandant à la presse d’en faire la promotion, portée, soutenue et financée par des structures comme l’UICN, la LCIE, le WWF, et toutes les associations qui défendent inconditionnellement les loups, bénéficiant  du soutien du ministère de l’environnement et en trame de fond la surprotection des loups dans la Convention de Berne,  constitue un pot de fer contre lequel la réalité et la vérité se heurtent. Cette politique joue contre le pastoralisme et la production d’une alimentation de qualité.

C’est toute une série de mensonges qui est véhiculée, idéalisant les loups en les mettant sur un piédestal, une passion quasi religieuse entretenue par des films mensongers qui bénéficient d’une couverture médiatique démesurée dans lesquels la réalité cruelle de la prédation n’est jamais montrée.

Un des premiers mensonges a consisté dès les premières attaques subies par les éleveurs dans les années 90, à nier la présence des loups dans le Mercantour, donc à écarter leur responsabilité.

Extrait de l’émission Secret d’infos : « Omerta sur le loup », rare émission osant parler de la réalité autour de la gestion du loup :

« Pierre Pfeffer, qui préside alors le conseil scientifique du parc du Mercantour, est sommé de garder le secret sur la présence des loups observés en 1992  » il dit : « Le ministère de l’environnement m’a tout de suite téléphoné. Ils m’ont dit : « surtout n’en parlez à personne. Il ne faut pas que ça se sache ». C’était évidemment ridicule puisque les loups étaient là. On les avait vus. Au contraire, le fait de vouloir cacher leur présence, mentir en quelque sorte, a alimenté des soupçons ».

A partir de ce premier mensonge s’est construit une gestion honteusement mensongère, que ce soit sur le nombre de loups, le nombre de meutes, sur leur responsabilité dans les attaques, sur leur origine, sur leur rôle écologique surévalué dans la nature, etc….

Ce discours est malheureusement aussi véhiculé dans de nombreux parcs à loups qui pour certains ne cachent pas d’ailleurs leur volonté de remettre des loups dans la nature.  → Vidéo diffusée pour les visiteurs au parc à loups du Gévaudan (48)

L’accumulation de tous ces faits nous autorise à parler de propagande honteuse en défaveur des éleveurs et bergers.

 

 

 

Le véritable coût des loups est difficile à mesurer, nous pouvons mettre en avant les nombreux postes de charges et parler uniquement d’un minimum pour ce coût.
Cumulé entre les moyens de protection, les indemnisations et les différentes charges autour de ce dossier, nous pouvons affirmer un coût minimum de 40 millions d’euros par an pour la seule protection du loup !

Alors que tant d’autres espèces, en dehors de toute logique scientifique et écologique ne bénéficient pas du même engouement dans une cohérence de défense de la biodiversité.

L’hybridation des loups avec des chiens et la génétique des loups révélant leurs origines géographiques, voilà deux sujets sensibles qui soulèvent de nombreuses interrogations :

 

  • Qu’est ce que l’hybridation ?

L’hybridation est le croisement entre deux espèces différentes dont la descendance est presque toujours stérile. Quand nous parlons de loup hybride, cela concerne un croisement entre un chien et un loup. Mais le mot « hybridation » est alors utilisé à mauvais escient, les chiens (Canis lupus Familiaris) et les loups (Canis lupus lupus) étant de la même espèce ; Canis Lupus. Ce sont donc deux sous-espèces, et le terme exact de leur croisement est alors le métissage. Mais le terme hybridation étant majoritairement utilisé, même par les scientifiques, nous continuerons de l’employer.

Le patrimoine génétique des deux sous-espèces est proche des 100 %, leurs différences résidant dans des allèles différents, c’est à dire « l’expression » d’un gène, comme par exemple la couleur du pelage.

 

 

  • Pourquoi parler des loups hybrides ?

La convention de Berne protège les loups et mentionne dans la recommandation 173 du comité permanent que les États doivent rechercher et éliminer les hybrides, considérant que les hybrides, aux caractères différents peuvent polluer la génétique des loups dit « purs ».

Les massacres perpétrés par les loups « purs » ne sont pas acceptables mais qu’ils soient en fait commis par des loups croisés avec des chiens l’est encore moins. D’autant plus que la réglementation demande de les retirer !

 

 

  • Les loups sont-ils hybridés en France ?

L’hybridation est un phénomène qui existe depuis le début de la domestication du loup et qui est plus ou moins prononcé suivant les territoires anthropisés ou non.

Reste à savoir de quelle hybridation nous parlons, première génération ? deuxième génération ou plus ?

Les défenseurs inconditionnels du loup, l’Ofb et quelques responsables scientifiques dont le parti pris n’est plus à démontrer ont tendance à nier ou à minimiser le phénomène d’hybridation. Il est évident que la recommandation 173 de la convention de Berne sur l’élimination des hybrides est une inquiétude pour eux.

Alors que dans d’autres pays, comme en Finlande, ils sont partagés entre ceux qui souhaitent préserver la génétique des loups « purs », et ceux qui privilégient la quantité de loups.

Une partie des défenseurs du loup répétant en boucle que les loups sont revenus naturellement d’Italie, sachant que l’hybridation est de l’ordre de 10 à 40 % en Italie, il est évident que c’est le cas pour les loups en France aussi.

De plus, en 2014, ces mêmes partisans faisaient sans succès une tentative pour inclure les hybrides dans la convention de Berne, reconnaissant ainsi implicitement leur présence. (Projet de recommandation sur les croisements entre les loups sauvages et les chiens domestiques)

L’ONCFS avant de devenir l’OFB, dans ses publications affirmait qu’il n’y avait pas d’hybride en France ! Probablement une volonté de ne pas répondre à la demande de la convention de Berne sur le repérage et l’élimination des hybrides.

C’est à partir de 2017 que nos associations ont pris en charge des analyses génétiques pour mieux identifier les prédateurs en cause et y voir plus clair sur leur génétique.

L’objectif de ces analyses était non seulement de prouver le ou les responsables d’attaques, puisque l’OFB a pour habitude de rendre plus aisément responsables des chiens divagants et disculper ainsi les loups. Mais aussi de rechercher leur origine, de pouvoir éventuellement dénombrer les individus sur un territoire, et de mettre en avant une hybridation quasi généralisée. Cela a aussi permis…une incroyable levée de boucliers ! 

Cette réaction démesurée sur nos résultats nous a confortés dans l’idée que nous étions sur le bon chemin !

Et notre première victoire a été la reconnaissance officielle d’hybrides par l’Oncfs, hybrides de première et de deuxième génération de 7,5 % en 2017, puis 11,1 % en 2018, après avoir dit jusqu’en 2016 qu’il n’y avait pas d’hybridation en France.

 

 

  • Pourquoi des laboratoires ne trouvent pas les mêmes données ?

Nous avons confié nos prélèvements à un laboratoire allemand, le laboratoire ForGen réputé pour sa fiabilité, certifié ISO 17025, certification supérieure au laboratoire en contrat avec l’OFB. Laboratoire français qui n’a jamais obtenu cette certification malgré une demande en 2014. Mais nous ne remettons pas en question les résultats du laboratoire en contrat avec l’Office, l’explication des différences est ailleurs, notamment dans les échantillons fournis et dans l’origine de la base de données.

En France, pour l’OFB, c’est donc le laboratoire Antagène qui est sous contrat avec l’ONCFS depuis 2017→ Voir l’avis d’attribution du marché.

Pour décrédibiliser le résultat de nos analyses, l’ONCFS s’est attaché tout d’abord à remettre en question nos prélèvements d’ADN, puis dans un second temps à contester le travail du laboratoire allemand, à l’aide du Conseil Scientifique dont la plupart des membres, notamment les plus haut placés, sont largement acquis à la cause des loups, à commencer par le président qui n’est autre que le directeur du Leca, laboratoire en contrat avec l’ONCFS précédemment. → voir diapo Conseil Scientifique

  • La remise en question de nos prélèvements par l’OFB est basée sur l’argument que l’ADN prélevé sur une carcasse d’animal prédaté peut être « pollué génétiquement » par d’autres animaux charognards ! Oui, peut être, mais si on trouve de l’ADN de loup, c’est bien qu’il y a un loup dans le secteur ! Ce prélèvement est donc refusé  par l’OFB qui cherche de façon systématique à minimiser les dégâts des loups. Et pourtant en Belgique, au Luxembourg et Allemagne notamment, ces prélèvements sont pratiqués par les autorités !
  • Ensuite s’est opéré un acharnement contre le laboratoire allemand, pour finir de décrédibiliser les résultats d’ADN qui identifiaient l’hybridation quasi généralisée. Rapport du conseil scientifique et → réponse du laboratoire ForGen

Comment expliquer de tels écarts entre deux laboratoires dont les méthodes bien qu’un peu différentes sont très similaires ?

L’hybridation peut se voir plus ou moins facilement en fonction du degré de génération hybridée et donc en fonction des outils que possèdent les laboratoires (marqueurs génétiques), mais surtout, toute la différence se trouve dans la base de données qui sert de référence.

Il faut savoir que la base de données qui sert de référence au laboratoire Antagène, a été constituée en grande partie par le laboratoire LECA de Monsieur Taberlet, qui est l’actuel président du Conseil Scientifique !!  Base de données constituée de 5000 analyses dont nous continuons de demander toute la transparence…en vain !

La clé du problème des différences de résultats se résume dans les propos que nous reprenons de Dmitry Politov, Docteur en sciences biologiques, responsable du laboratoire de génétique des populations de l’Institut de génétique générale de l’Académie des sciences de Russie. Ce scientifique dit, en parlant « des collègues européens » :

« Ils n’ont pas une base génétique pure de loups, et plus ils incluent ce qu’ils reconnaissent conventionnellement comme des loups, plus il est difficile pour chaque suivant d’être considéré comme un non-loup. C’est à dire que cette base est déjà tellement polluée par des non loups que personne ne peut voir autre chose, tous se révèlent être des loups. » → Extrait de l’interview de Dmitry Politov par Ekaterina Golovina (Google translate)

L’explication ne peut être plus limpide !

 

 

  • Les conclusions de nos analyses ont été confirmées par le rapport du CGAAER et du CGEDD des ministères, de l’Environnement et de l’Agriculture !

Dans un communiqué de février 2019, suite à nos travaux d’analyses sur nos animaux prédatés et de recherche d’informations, notre conclusion après deux ans d’effort était la suivante  :

« Constatant que l’introgression/hybridation de caractéristiques génétiques de chien est généralisée sur les loups de notre territoire, nous devons tous ensemble nous mettre autour d’une table pour enfin déterminer par convention, ce qui doit être considéré comme loup pur et ce qui doit être considéré comme loup hybride … tout en considérant que leurs dégâts et les protections qu’ils imposent sont indissociables de la gestion des loups purs, comme l’avait affirmé le Préfet coordonnateur en 2018 en audience au Sénat. »

Et nous constatons quelques mois après que :

Le rapport du CGAAER et du CGEDD (Conseil Général de l’alimentation/agriculture et du développement durable) de mai 2019,  sur la question de l’hybridation arrive à la même conclusion que notre collectif dans leur recommandation numéro 3 :

 

 

  • Les analyses génétiques prouvent la présence de loups des pays de l’Est, comment est-ce possible ?

3 histoires de loups venant des pays de l’Est !

Il est étonnant de constater, encore une fois grâce à ces analyses génétiques, une origine différente que celle d’Italie officiellement annoncée.

  • A plusieurs reprises nous avons constaté, tout d’abord grâce au laboratoire allemand, puis ensuite avec un deuxième laboratoire européen, des origines de loups venant des pays de l’Est.

– Quelques temps après le laboratoire de l’ONCFS confirmait notre information par un communiqué de juillet 2018. → Communiqué

  • Puis, suite à une attaque dans le Pas de Calais, nous avons encore une fois mis en évidence que c’était bien le loup qui avait attaqué un troupeau à Nabringhen (voir communiqué), alors que l’OFB ne veut pas reconnaître la responsabilité du loup dans cette attaque. Et ce loup, plus précisément une louve, a bien été identifié venant des pays de l’Est par l’analyse génétique.
  • Et enfin, le plus incroyable, nous avons pu faire analyser des poils d’un loup empaillé, identifié LOUP PUR ITALIEN par l’ONCFS. Ce loup s’est révélé être de lignée des pays de l’Est ! Le voici sur la photo ci-dessous, lors d’une formation des correspondants du réseau Loup Lynx.

 

 

 

L’OFB ayant tout fait pour ne pas valider les résultats du laboratoire allemand, nous avons donc fait analyser par un second laboratoire nos prélèvements !

Dans ces trois cas les deux laboratoires trouvent exactement les mêmes résultats !

Il est important de relever que le second laboratoire a déjà travaillé pour l’ONCFS !

La présence de ces loups d’origine de Pays de l’Est, nous éloigne encore du retour d’Italie, mais aussi du retour naturel !

Le rapport du Musée National Histoire Naturelle (MNHM) et de l’OFB, « Expertise scientifique collective sur le devenir de la population de loups en France » sert de fil conducteur pour la gestion du loup en France. Malheureusement nous constatons un militantisme trop présent, qui ne permet pas un éclairage juste par les chiffres annoncés. Monsieur Le Maho qui a dirigé cette expertise est bien connu pour ce militantisme aveuglant : « On a laissé l’élevage de moutons s’installer dans le cœur des parcs » , après 5000 ans de pastoralisme qui ont participé au façonnage de paysages, donc bien avant la création des premiers parcs, 1963 en France, comment peut-on tenir de tels propos → vidéo.

La viabilité de la population de loups :

Deux données sont prises en compte pour déterminer la viabilité d’une population, la viabilité démographique (le nombre d’individus pour la survie de l’espèce) et la viabilité génétique (éviter la consanguinité).

Le plan loup à partir du rapport du MNHN a validé le nombre de 500 individus pour atteindre la viabilité démographique de la population de loups en France. Le plan quinquennal de 2018 à 2023 prévoyait d’atteindre cet objectif au terme de cette période ! Dès la première année le chiffre officiel des 500 loups a été dépassé ! Alors que  nous savons déjà que ce chiffre est largement sous estimé !

Cette information permet de prendre conscience que la croissance des loups en France est exponentielle.

Le seuil de viabilité démographique d’une population de loups dépend de son taux de croissance.

Dans ce rapport précité de l’OFB et du MNHN il est noté que lorsque la croissance est considérée comme exponentielle, à l’exemple de la période de 1995 à 2016 où cette croissance a été de 12 %, la viabilité démographique est atteinte à partir de 50 individus !

Rappelons que le taux en France a été autour de 20% de 2016 à 2019.

Et lorsque cette croissance est freinée (période 2014-2016 dans cette étude), la viabilité démographique est atteinte à partir d’un effectif de 100 à 125 individus.

Mais parler de croissance freinée entre 2014 et 2016 n’est pas juste parce que les estimations du nombre de loups, à partir des indices relevés sur le terrain, sont faussées ! Effectivement les correspondants du réseau de l’OFB, habilités à recueillir les indices de présence des loups ont été sensibles à l’appel d’une association de défense de l’animal sauvage qui a incité dès l’année 2013 à ne pas faire remonter les informations déterminantes pour le comptage des loups. Ce que le MNHN ne peut ignorer.

Cet appel a ensuite été relayé en 2016 par le syndicat SNE-FSU des agents de l’OFB : Voir le courrier

 

Notre population de loups, dont le taux de croissance est élevé nous l’avons dit, atteint donc son seuil de viabilité démographique à partir de 50 individus, pourquoi alors avoir fixé un objectif minimum de 500 loups ?

Viabilité Génétique :

D’après ce rapport, la viabilité génétique des loups est atteinte à partir d’une population de 2500 à 5000 individus reproducteurs. Une fourchette qui, on le constate, va du simple au double ! et conduit à près de 9000 loups au total en intégrant la population immature (comme les louveteaux ou les sub-adultes).

Ces chiffres exagérés sont donc repris par les associations de défense des loups qui prétendent ainsi abusivement qu’il faut 5000 loups en France ! Après examen du désastreux bilan économique, psychologique et social que provoque la présence de 580 loups, comment peut-on exiger un tel objectif !? C’est clairement l’expression d’une volonté de faire disparaître l’élevage.

Mais encore une fois, le militantisme s’éloigne des données scientifiques. Il est clairement demandé par l’UICN (pourtant protectrice envers les loups) et par la Directive Habitats, de prendre en compte les populations de loups transfrontières. Ce n’est donc pas, pour la sauvegarde des loups, un comptage à l’échelon national qui doit déterminer leur nombre mais bien une approche a minima européenne.

Il est regrettable aussi que l’expertise n’ait pas tenu compte des différentes études qui concluent que la viabilité génétique est atteinte dans une fourchette de 60 à 150 individus matures, soit 110 à 270 loups totaux.

Ces données sont issues des travaux de recherches bibliographiques de Michel Revelin que vous pouvez retrouver dans le document ci-dessous :

ÉVALUER UNE POPULATION MINIMALE VIABLE DE LOUPS EN FRANCE

Nous ne connaissons pas de solution de coexistence possible avec une population de loups qui bénéficie d’une surprotection depuis presque 30 ans, qui garantissent l’absence de prédation sur les troupeaux et un retour à une sérénité dans les élevages.

Seul l’abattage (ou le piégeage qui n’est pas mis en œuvre en France) des loups qui s’approchent des troupeaux peut apporter une réponse immédiate. Mais la chose est loin d’être aisée et ce d’autant que la croissance du nombre d’individus est importante. Une régulation forte permettrait de réduire considérablement les attaques en réduisant les effectifs au niveau national mais aussi avec un ciblage précis d’individus ou de meute entière dans les secteurs les plus impactés.

Les moyens de protection proposés peuvent limiter les dégâts, bergers, aide berger, chiens de protection ou clôture électrique, mais étant donné le bilan actuel de 18 000 bêtes tuées et le constat que 92% de troupeaux attaqués disposent d’au moins deux moyens de protection, nous ne pouvons que déplorer que ces techniques n’apportent pas de solutions à terme, même si elles sont indispensables pour limiter les dégâts dans les troupeaux.

Sur le long terme, seule la levée de la stricte protection permettra, en autorisant de manière systématique et sans quota, le tir sur les loups et certaines meutes entières qui se nourrissent ou s’approchent trop près des activités humaines, de redonner aux loups un comportement sauvage , et ainsi faire baisser considérablement la prédation. Comme le montre le rapport du Cnrs et Inra qui montre que dans plusieurs pays, seule la réciprocité d’actions permet de tenir les loups à distance. → Diaporama

Cette régulation nécessaire doit prendre en compte le caractère anthropique de nos territoires et des vraies données sur les populations de loups.

On constate que toutes les études prises en considération par le ministère, ont été menées par des personnes qui défendent les loups de façon inconditionnelle et veulent donc toujours plus de loups. Il est impératif de sortir de ce fantasme qui consiste à refuser tout plafonnement réaliste du nombre d’individus pour servir un besoin de nature sauvage à des fins idéologiques pour certains et mercantiles pour d’autres.

Il faut cesser de culpabiliser les éleveurs dans leurs pratiques, cesser de sous-estimer la population effective de loups, avoir une reconnaissance du traumatisme que subissent les éleveurs, les bergers, et leurs animaux, les seuls à subir les conséquences du retour des loups professionnellement, socialement et familialement !